Mardi 11 mars 2014 2 11 /03 /Mars /2014 08:57

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Les scénaristes d'Hollywood n'auraient jamais pu imaginer une telle histoire, celle de Zacharia Bouaziz, cet ancien boxeur, trois fois champion du monde, partageant aujourd'hui sa vie entre Beverly Hills et Vaires sur Marne, en région parisienne (Seine et Marne).

 

Zacharia, ou plutôt Eddie comme les Américains l'appellent, a un parcours, il est vrai, hors du commun. S'il commence la boxe très jeune à Drancy (93), il s'aperçoit vite qu'il n'y a pas beaucoup d'évolution en France. Malgré ses titres de Champion de France en boxe thaï de 2002 à 2006,  (31 combats, 29 victoires, 28 KO), il laisse tout tomber. «J’ai arrêté la boxe et j'ai dit à mon père que je partais aux États-Unis», raconte-t-il. Son père lui demande alors ce qu'il allait faire là-bas. «Je ne sais pas. Le rêve américain», lui répond-t-il.
 

Et c'est comme ça qu'à l'âge de 23-24 ans, avec un peu d'argent, il débarque à New York. Mais Zacharia se rend vite compte que la vie dans Big Apple, ça coûte cher, très cher. Il part donc de Manhattan et se retrouve à Brooklyn. «J’avais toujours l'entraînement en moi. Je m'entraînais tous les jours au  Gleason's Gym, là où tous les grands sont passés de Muhammad Ali à Mike Tyson, mais j'avais plus envie de faire du showbiz», reconnaît-il, tout en expliquant que parfois la vie ne vous emmène pas sur les chemins que vous souhaitiez suivre.

C'est ainsi qu'un manager du nom de Hector Roca, un peu underground, lui propose des combats, mais pas sur le ring. Tous les vendredis soirs, à poings nus, le «Friday Night Fights», un combat tous les vendredis à 20$ pour le gagnant.

«J’ai accepté bien sûr, il fallait bien que je gagne ma vie car il est très difficile de travailler même au “noir” pour les personnes de types masculin en situation irrégulière. Et j'en ai gagné des combats (280 pour être précis). Je commençais à être très connu, dans tous les quartiers.»

 

Dormir sur un banc
 

Jusqu'au jour où il en a assez de ces combats de rue. Et puis, il trouve qu'il fait froid à New York. Alors direction Los Angeles, encore une fois avec très peu d'argent. «J’ai dormi pendant trois mois sur un banc public à l’angle de Dayton way et de Beverly drive à Beverly Hills. Je m'y installais tard et je le quittais tôt pour ne pas me faire prendre», explique Zacharia Bouaziz qui avait toujours l'idée de devenir une star.
 

«Je contactais régulièrement mes parents en leur disant de ne pas s’inquiéter, que j’avais réussi.» Et pour y arriver, il continue de s'entraîner en courant chaque jour entre Beverly Hills et Venice Beach. Un jour, un gars l'interpelle. Il sent qu'il s'agit d'un boxeur. «Un loup reconnaît toujours un loup», sourit-il. Même s'il ne parle toujours pas anglais, il comprend que le type lui propose de boxer. «Je retire mon t-shirt, serre les poings, mais il me dit "Relax". En fait, il voulait m'emmener dans son gym, le fameux  Wild Card Boxing club, sur Vine Street à Hollywood, le club du très connu  Freddie Roach», se souvient-il.

Il emprunte des gants et commence à taper dans le sac. C'est un jeudi et dans ce club le jeudi les boxeurs ainsi que leurs managers affluent de tous les clubs voisins pour comparer leurs poulains. Zackaria demande si lui aussi peut boxer et propose à un gars du même gabarit de monter sur le ring, même s’il est sans casque, sans protège-dent et sans coquille. «Tout le monde rigolait en me faisant comprendre que j’allais passer un sale moment, mais c’est moi qui ai fait comprendre à mon adversaire que s'il me touchait, alors j’irais acheter un casque. Il ne m'a jamais atteint. Le 1er round, je n’ai fait que l’esquiver et je l'ai mis KO au 4ème round.»
 

 

 
Tout le monde a crié et ils ont sauté sur le ring. J’ai eu très peur alors je me suis sauvé en courant et me revoilà sur mon banc», lance Zacharia Bouaziz. 


Une semaine se passe. Un jour, après être revenu de son jogging, il voit un vieux monsieur assis sur "son" banc. Après plusieurs heures de silence, Zackaria explique au vieux monsieur avec des gestes que c’est sa place, son banc en pensant que ce dernier veut le squatter. Ce dernier voyant que Zackaria ne parle pas anglais lui dit: «I watch you every day. You’re very dedicate for home less, are you working?» Puis en mexicain: «trabajo!! (travail)» Ce dernier lui propose alors un travail: 100$/heure pour bouger des meubles, tondre la pelouse. Il accepte, le suit et arrive dans une magnifique villa de Beverly Hills, la sienne. «Il m'a proposé non seulement un travail mais aussi un logement car il pouvait avoir besoin de moi à tout moment. Il m'a hébergé pendant trois ans. Aujourd'hui, Jerry Wallace est mon meilleur ami», confie-t-il. 

Cette nouvelle vie ne l'empêche cependant pas de continuer de s'entraîner et de courir. Et donc un jour, alors qu'il court, il croise le gars qu'il avait mis KO, avec son manager, un promoteur et une femme russe qui parlait un peu français. «Je me suis dit, c'est bon, je retourne en France car je suis illégal sur le territoire, mais non, ils me cherchaient depuis deux semaines pour me proposer un sparring-partner à 1000$», se rappelle Zacharia Bouaziz.

 

Champion du monde


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Il retourne avec eux au club de Freddie Roach, boxe avec le type, au bout de trois rounds changement d'adversaire qui, quatre rounds plus tard met le genou à terre. Zacharia signe alors un contrat stipulant une rémunération mensuelle, mais pour que le dit-contrat soit définitif, il faut les trois premiers combats avec succès. Le voilà donc parti pour une carrière professionnelle. Premier combat, il gagne par KO. Mais les trois autres, il les perd. «Mes adversaires avaient je ne sais combien de combats professionnels derrière eux, alors que moi j'en étais qu'à mon deuxième», explique Zacharia Bouaziz qui, du coup, se retrouve sans contrat.
 

Malgré tout, la chance lui sourit car il rencontre peu de temps après le manager John Arthur, celui notamment de Laila Ali ou James Toney, qui lui demande de changer de nom contre son nom actuel et le surnomme Baby face. Il lui propose de le prendre sous son aile. L'ascension est alors fulgurante. Il boxe, il gagne. Il ne perd plus de temps et fin 2010, le voici, à New York, champion du monde IBO, poids welter. Il remet sa ceinture en jeu et gagne à nouveau. Puis rapidement un autre grand moment dans sa carrière, il devient champion du monde IBF chez les poids moyens. Deux titres, deux ceintures... Mais des migraines incessantes. 
 

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Terrible accident
 

«On m’avait prévenu trois jours avant que mon adversaire était une catégorie au dessus de moi et que je devais prendre du poids avant la pesée. Après avoir gagné le combat, j’avais la tête comme une citrouille. À tel point qu'après ce combat à Las Vegas, je n'ai pas voulu prendre l'avion pour rentrer en Californie. On a donc loué une voiture. J'avais pris des cachets pour soulager la douleur et je me suis endormi côté passager. Ce sont les pompiers qui m'ont sorti de la voiture. On avait eu un accident. J'avais la pommette et l’arcade fracturées sur trois points», raconte ému Zacharia Bouaziz, car cet accident allait mettre malheureusement un terme à sa carrière.

«Après ça, aucun médecin ne m'a délivré ma licence car ils jugeaient tous que c’était trop dangereux pour ma santé. Je suis encore sous contrat jusqu'en 2016, mais plus de combat. Fini. Pourtant j'aurais vraiment voulu boxer pour la WBC. C'est tellement prestigieux.»

Un homme heureux

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Après donc 309 combats, dans la rue et sur le ring, dont 29 en professionnel et seulement 4 défaites, Zacharia Bouaziz a laissé ses gants au vestiaire et maintenant il partage sa vie entre Beverly Hills et Vaires sur Marne où l'attend à chaque fois son petit garçon et sa compagne.

«J’ai choisi cette ville, car c'est calme et à la fois très convivial. Je fais la navette souvent», dit celui qui est maintenant à la tête de deux compagnies de transport de marchandises, à New York et à Los Angeles.

«Je suis un homme heureux. J'aime la vie et je suis content lorsque je vois les autres réussir. Je suis facile à vivre et peu importe ce qui arrive, il y aura toujours un sourire accroché à mon visage

Pas étonnant que son surnom aux États-unis soit Baby face !


 

www.babyfaceboxer.com

 

(Photos : Collection personnelle de Zacharia Bouaziz)

 

 

© Corinne Sorin - Tous droits réservés

Par Corinne Sorin - Publié dans : Société
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Lundi 10 juin 2013 1 10 /06 /Juin /2013 10:51

Et le gagnant est... une gagnante, la Japonaise Miyuki Murase

 

C’est devant un auditorium connaisseur et enthousiaste que la Japonaise Miyuki Murase a remporté le Concours international du Meilleur Fromager 2013, présenté à Tours le 2 juin dernier dans le cadre du Mondial du Fromage et des Produits Laitiers.

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Après 8 heures de compétition non-stop et des délibérations serrées, les notes ont oscillé entre 110 et 140, c’est donc la jeune femme de Tokyo, venue spécialement pour ce championnat du monde, qui est devenue le Meilleur Fromager au Monde. Visiblement surprise et très émue, elle est montée sur la première marche du podium brandissant le drapeau japonais.

 

Elle a devancé les deux Belges en compétition Pascal Fauville et Nathalie Vanhaver.

 

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Dix candidats étaient en lice, dont trois Français, deux Américains, un Australien et un Italien qui ont tous vécu une incroyable expérience tant l’excellence était au rendez-vous.

 

À l’issue de plusieurs épreuves de haut niveau imaginées par Rodolphe Le Meunier (Meilleur Fromager International en 2007 et Meilleur Ouvrier de France), comme le dressage d’une assiette de dégustation avec des fromages imposés tels le brillat-savarin, la composition d’un plateau sur un thème imposé «du fromage pour nos enfants», la préparation d’une assiette fromagère froide, l’épreuve de découpe, la dégustation à l’aveugle, la présentation d’un fromage coup de coeur, la Japonaise s’est donc distinguée en proposant notamment lors des épreuves artistiques, un plateau où la créativité a fait la différence. Sur le thème «Du fromage pour nos enfants», elle avait imaginé une sculpture origamique à partir de différents fromages.

 

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Le jury était présidé par Jean-Marie Panazol, Haut Fonctionnaire au Ministère de l’Education Nationale. Il avait fait appel à des juges reconnus internationalement, notamment l’Allemand Günther Abt, le professeur des Universités en Histoire économique Marc de Ferrière, le Britannique Bob Farrand, président de la Guilde de Fine Wood, ou encore la Danoise Responsable import au sein de Gastro-Import et Ambassadeur pour les pays scandinaves dans la Guilde internationale des Fromagers, Catherine Fogel.

 

L’animation avait été confiée au pétillant Adam Moskowitz, le célèbre MC américain.

 

Pour voir les plateaux des candidats, cliquez ici:  

Pour en savoir plus sur Miyuki Murase, cliquez ici:

Et pour voir le reportage diffusé au JT de Jean-Pierre Pernaut sur TF1, c'est par ici:


Par Corinne Sorin - Publié dans : Société
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Lundi 4 juin 2012 1 04 /06 /Juin /2012 10:29

Gilbert Montagné est un homme heureux et ça se sent. Plus de 40 ans de succès, un amour du public indéfectible, des tubes qui séduisent toujours et qui attirent même aujourd'hui de jeunes enfants, des combats incessants pour sortir de l'ombre les deux millions de malvoyants en France, une philosophie de vie inspirante, des spectacles à guichets fermés, un enthousiasme àtoute épreuve et des projets qui se multiplient. Bref, à 60 ans, Gilbert Montagné nous donne l'impression que le temps glisse sur lui.

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En réalité, ce qui le caractérise, c'est qu'il n'arrête jamais, comme en témoigne sa riche actualité, notamment la sortie récente de son double album événement «Live à la Salle Gaveau». Cet album reprend ses plus grands tubes, des reprises et des inédits dont «L'Hymne à l'amour » d'Édith Piaf, mais surtout il est accessible aux utilisateurs non-voyants. «Je suis vraiment très heureux parce que ça a été un tel beau moment que je voulais que ce bonheur se ressente en l'écoutant. J'ai donc participé au mixage pour que ça reflète exactement ce qui se passe en spectacle et surtout je l'ai rendu complètement accessible», affirme Gilbert Montagné. «C'est-à-dire que n'importe quelle personne ayant une déficience visuelle pourra insérer son DVD dans son lecteur et aura accès aux menus, parce que je les ai vocalisés», ajoute le chanteur qui a fait de l'accessibilité, son maître-mot. «Oui, c'est le combat d'une vie, dit-il. On a la chance que maintenant, il y a de plus en plus d'outils, de plus en plus de consciences qui sont ouvertes à l'accessibilité. Il ne faut plus faire de produits qui ne sont pas accessibles à tous», poursuit Gilbert Montagné qui se plaît à dire que Steve Jobs a changé sa vie.

 

Contribuer à l'avancement de l'intelligence

L'artiste aime être dans l'action. il ne prétend pas pour autant changer le monde, mais plutôt contribuer à l'avancement de l'intelligence pour le mieux vivre de l'être humain. On lui doit donc un accès vocal aux distributeurs de billets en 2006,  l'audio-description de certains programmes télé et bientôt, «parce qu'il faut aller plus loin», est-il persuadé, l'audio-description dans les salles de cinéma. «Le process existe, il faut maintenant passer le message. Les gens qui en auront besoin seront équipés d'un casque wifi et tout le monde ira voir le même film en même temps.  C'est une étape qu'il faut maintenant franchir», soutient Gilbert Montagné qui compte bien, dès cet automne, intervenir à ce sujet lors du Congrès des exploitants de salle.

«J'ai toujours pensé que nous avions notre place, comme vous tous dans ce monde. Et la sensation la plus difficile à supporter, c'est de ne pas être prévu au programme alors que nous faisons partie du programme depuis le début», confie-t-il. «Chacun dans ce monde en fait, est différent et important.» D'ailleurs ses parents lui ont appris que les différences n'étaient en rien des barrières, au contraire. «Par contre, tout petit, j'ai vu qu'il fallait convaincre et expliquer aux gens extérieurs que ce n'était pas un problème, parce qu'il y avait des solutions ou alors il y aurait un jour des solutions, raconte Gilbert Montagné.

Bientôt un nouvel album

Comme il adore être sur scène, il répond toujours à l'appel en autant que son planning le lui permette. «Ça me fait plaisir de faire des concerts.  Je suis touché que mes standards plaisent.» Et à la question, allez-vous sortir bientôt un nouvel album? La réponse est oui et ce, malgré une industrie musicale plutôt frileuse.  

 

«Dans quelques mois, j'enregistrerai un album studio», promet Gilbert Montagné qui sort tout juste d'un tournage de film, celui de Thomas Langmann, «Stars 80» avec entre autres Richard Anconina et Patrick Timsit. «J'ai adoré l'expérience, surtout que j'ai créé mon rôle et Thomas a validé», dit-il fièrement.

L'Amour de la Vie

Homme actif, grand-père heureux de trois petites-filles et artiste comblé, Gilbert Montagné dit avoir l'Amour de la Vie. «J'ai aussi soif de voir le futur chaque jour.» Et ce futur, il l'espère «sans aveuglement de l'esprit.» «Ce que je voudrais dire, c'est que je pense qu'il faudra que les trois branches de mode de foi, judaïsme, christianisme et musulman, ne fassent qu'un (NDLR: l'entrevue a été réalisée quelques jours après la fusillade devant le collège Ozar Hatorah à Toulouse). C'est inévitable», prétend Gilbert Montagné. Selon lui, tout le monde devrait se rappeler et comprendre «que les chrétiens sont des juifs qui s'ignorent. Le judaïsme, c'est le berceau du christianisme, ne l'oublions pas», souligne celui qui se dit fier de ses deux racines, comme un arbre. «Bourbonnais depuis 1620 d'un côté et juif, de l'autre», comme il le raconte dans son livre «J'ai toujours su que c'était toi», sorti, en version audio, en janvier dernier. Pour la première fois, Gilbert Montagné lève le voile sur les secrets qui ont bercé sa jeunesse, et sur les expériences traumatisantes de ses parents sous l'Occupation allemande.

 

© Corinne Sorin - Tous droits réservés

Par Corinne Sorin - Publié dans : Arts et spectacles
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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 08:43

«Le photojournalisme n'est pas mort!»

P1000940.jpgPhoto: ©Corinne Sorin

Dans le cadre du Salon de la photo de Paris 2010, j'avais rencontré Tom Stoddart, qui fait partie de ce club très fermé des grands photographes. Venu présenter et offrir son livre iWITNESS à des dizaines de visiteurs, Tom Stoddart a d'emblée affirmé que «le photojournalisme n'est pas mort», et ce, malgré la « pipolisation » qui étouffe l'espace rédactionnel susceptible d'être consacré au « photojournalisme ».

«Ces hommes dans les pages de mon livre, ce sont de vrais héros, pas comme ces mannequins, stars de cinéma ou stars de football dont l'image est manufacturée», a t-il dit.

«Mes photos montrent des gens ordinaires coincés, piégés dans des situations extraordinaires et montrent leur courage immense, leurs sacrifices, leur dignité et leur détermination de survivre malgré ce qui leur est arrivé», a t-il poursuivi.

Dans sa préface, Jean-François Leroy, directeur du Festival Visa pour l'image de Perpignan, écrit qu'il y a des images dures, violentes. « Mais ce ne sont pas elles qui sont difficiles, mais bien la situation qu’elles représentent, qu’elles aient été créées par l’homme, ou par la nature.»

Toutefois, malgré l’insoutenable, l’irréversible, l’indicible, Tom Stoddart sait qu'il peut toujours avoir une étincelle de joie, d’espoir, d’amour, dans les moments les plus graves. Comme cette photo où l'on voit une fillette tout sourire se jetant dans les bras de sa mère. Quand on regarde cette femme, on comprend qu’elle n’a plus de jambes, arrachées par l’explosion d’une mine. «Je dois avouer que c’est pour moi l’une des photos les plus extraordinaires que j’aie jamais vues», avoue Jean-François Leroy.

Stoddart-Fillette.jpgPhoto: ©Tom Stoddart/Getty Images

Dans son livre iWitness, Tom Stoddart raconte, en images, neuf histoires dont la famine au Soudan, le siège de Sarajevo les ravages du SIDA en Afrique sub-saharienne, le «nettoyage ethnique» au Kosovo, l'opération « Tempête du désert » en Irak, les inondations au Mozambique... «Je ne veux pas que les gens se sentent désolés quand ils regardent ces images, j'aimerais qu'ils aient la rage, qu'ils soient énervés et fâchés que l'on soit obligé de montrer de telles situations aujourd'hui encore», a déclaré le photographe. Bien sûr qu'il est triste que ses photos existent, mais il croit nécessaire que les photographes qui, comme lui, continuent de couvrir la misère, les guerres, etc..., existent et continuent à témoigner des événements auxquels ils sont confrontés.

À noter que Tom Stoddart est l'un des photographes les plus primés. À son palmarès, il a est, entre autres, le lauréat du Visa d'or Perpignan en 1994 et 1995, du premier prix des World Press Awards en 1995, du Care International Award for Humanitarian Reportage en 1997, du premier prix des Nikon Press Awards en 1998 et du premier prix Picture of the Year en 2001.

Par Corinne Sorin - Publié dans : Média
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 12:00

Juste pour vivre

Pour le compte d'un quotidien montréalais, j'ai récemment réalisé l'interview de Gilbert Rozon, le Fondateur, président du conseil et chef de la direction du groupe et festival Juste Pour Rire. Et bien qu'il ait été en tournage 18h sur 24, notamment pour l’émission «La France a un incroyable talent», dont il est l’un des juges depuis 2006 et avant de quitter la France pour Singapour puis pour Sidney, en grand gentleman qu’il est, il a accepté d’évoquer sa cinquantaine, ses projets, ses inquiétudes, ses espoirs…

Boomers-DESHAIES-Rozon2.jpg(Photo: ©Sylvain Deshaies)

Vous n'avez jamais semblé aussi serein et en pleine forme, est-ce à dire que la cinquantaine vous sied bien ? Quel est votre secret ?
Je devais paraître bien tendu si aujourd'hui je vous semble serein. Plus sérieusement, j'ai toujours été anxieux mais en vieillissant, je le gère un peu mieux.

Comment la vivez-vous d'ailleurs ? Êtes-vous plutôt «proche de la soixantaine» ou plutôt «j'ai presque 3 X 20 ans»?
Comme un gars de 56 ans qui l'assume avec un peu de fantaisie.

Avez-vous l'impression de courir après les plus belles années de votre vie ?
Pas du tout, j'ai eu jusqu'ici une vie bien remplie et entends bien continuer ainsi.

Vous levez-vous le matin en vous disant : « Mon Dieu, je vieillis! Que faire? »
Parfois. Mais bon je me dis que j'ai jusqu'ici réalisé la plupart de mes rêves. Ainsi je n'ai pas de regrets ou projets de retraite.

Quel est votre carburant?
Vin. Vitamines. Et un peu de sport

Où trouvez-vous toute cette énergie?
Je suis né ainsi... J’ose à peine le dire, mais j'ai toujours eu beaucoup d'énergie. Quelle belle maladie!

Comment vous reposez-vous ?
Je dors bien, tout simplement. Je jeûne une fois l'an et je voyage pour le plaisir autant que possible.

Où et auprès de qui, vous ressourcez-vous?
La lecture, les amis, mes Mentors. Être curieux de tout me permet de me ressourcer.

Boomers-DESHAIES-Rozon3.jpg(Photo: ©Sylvain Deshaies)

Professionnellement, vous êtes quelqu'un de très actif, un travailleur acharné, d'ailleurs vous multipliez toutes sortes de projets. N'avez-vous pas envie parfois de poser vos valises ?
Oh oui... Je voyage trop et en même temps c'est si bon.

Quels sont d'ailleurs vos nouveaux projets ?
Déployer Juste Pour Rire et Just For Laughs encore plus à l'international, contribuer au Québec touristique en unifiant les acteurs provinciaux de cette industrie. La croissance mondiale du tourisme est de 10%! Nous devons aller chercher notre quote part. Pour cela nous devons nous doter d'un plan produit et d'investissement 2012/2020. Ensuite, il nous faut comme milieu parler d'une seule voix devant le Gouvernement et appuyer la Ministre Nicole Ménard qui comprend et veut tirer parti de cette croissance mondiale. Je veux aider aussi Montréal, ma ville, comme citoyen et dans ce sens pousse beaucoup sur le projet de créer un masse critique d'événements en Juillet/ Août. À Edinburgh, ville de 450,000 habitants en août, plus de 12 festivals cohabitent pour y présenter plus de 2000 shows par jour sans compter les expositions, foires… Le monde entier s'y donne rendez vous...C'est beaucoup de Grand Prix F1 dans le même mois! Nous avons les théâtres, les leaders! Le quartier des spectacles, l'animation gratuite etc… Il nous faut juste ajouter d'autres événements. Encourager des jeunes promoteurs à lancer d'autres festivals. Par analogie, Juste Pour Rire est un très grand magasin qui veut que se construise autour un centre d'achat immense. Bref, je veux de la compétition pour devenir incontournable. Et d'autres idées pour ma ville, mais je n'en parle pas car on va dire que je veux me présenter...

Qu'est-ce que les gens ignorent sur vous ?
Ma formidable humilité.

Que souhaitiez-vous faire petit ?
Vendeur, commerçant, servir.

Et qu'auriez-vous fait si vous n'aviez pas été producteur?
J'aurais été producteur

C’est donc un métier que vous choisiriez de nouveau si c’était à refaire ?
Peut-être politicien, un métier que je trouve noble ou un grand homme d'affaires pour investir dans des domaines qui me passionnent.

Où vous voyez-vous dans 10 ans?
Plus léger.

Dans 20 ans?
Un grand-père actif et gâteux avec ses petits-enfants.

Donner son maximum

Quel est votre plus beau souvenir ?
La naissance de Juste Pour Rire et celle dans la foulée de mes enfants. Puis, CharlesTrenet (NDLR : Il a été son agent artistique jusqu’à sa disparition), Surprise Sur Prise, Les gags et les voyages en famille.

Que gardez-vous de votre jeunesse ? Je vous pose cette question parce que vous donnez l’impression que le temps glisse sur vous.
Ou que je glisse sur le temps… Ma jeunesse, j'en garde le souvenir de n'avoir que travaillé et découvert, grâce à mille essais et erreurs, qui je suis.

Qu'est-ce qui vous encourage dans l'avenir de la société?
La jeunesse, le progrès social, le fait qu'en 40 ans la Chine et l'Inde sont devenus des puissances économiques, que le mur soit tombé, que l'URSS se soit écroulée et que la démocratie y fait doucement son chemin, que l'Amérique du Sud aille beaucoup mieux. Ça donne de l'espoir pour l'Afrique.

Et le contraire, qu'est-ce qui vous inquiète?
Que les gouvernements capitulent sur leur souveraineté face aux grands pouvoirs économiques ; L'écrasement et l'appauvrissement de la classe moyenne véritable épine dorsale de l'économie et de la démocratie ; L'environnement… en même temps l'homme crée des problèmes qu'il résout ensuite.

De quoi avez-vous peur?
Roosevelt dans un discours a dit que c'est de la peur qu'il fallait avoir peur, je partage.

Êtes-vous heureux ?
Plutôt serein.

À quoi rêvez-vous pour vos trois fils ?
Qu'ils aillent au bout d'eux-mêmes en cherchant et trouvant leurs destinées. Qu'ils cultivent la foi en eux. Qu'ils soient des gentlemen et qu'ils n'aient pas peur de se tromper.

Et quel héritage allez-vous leur laisser ?
Celui d'avoir donné mon maximum.

Par Corinne Sorin - Publié dans : Arts et spectacles
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:58

La case en trop!

J'aurais pu choisir le mot «grève» aujourd'hui avec la grève des enseignants, mais j'ai préféré «Demoiselle». Pourquoi? Parce que ce matin, l'association  Osez le féminisme, conjointement avec les Chiennes de garde, a lancé sa campagne « Mademoiselle la case en trop!». Cette campagne vise à éliminer cette terminologie dans toutes les démarches administratives et privées.

Mademoiselle 1

Pour l'association, la distinction Madame/Mademoiselle n’est ni flatteuse, ni obligatoire, ni marrante. Elle y trouve même une "connotation condescendante" du terme. Et surtout, selon elle, elle est le signe du sexisme ordinaire qui perdure dans notre société. Les hommes ont-ils le choix entre «Monsieur» et «Mon damoiseau»? Non. Alors pourquoi le choix entre "madame" et "mademoiselle" persiste, alors qu'il relève uniquement de l'usage et non pas de la loi?

Mademoiselle 2

Le combat ne date pourtant pas d'aujourd'hui. Depuis 1972, des lettres et circulaires ont déjà demandé la suppression de «mademoiselle» dans les formulaires administratifs. En vain.
Osez le féminisme se demande toujours pourquoi la France ne suit pas l'Allemagne qui a abandonné la distinction, et où le mot "Fräulein" n'est quasiment plus utilisé, ou le Danemark, les États-Unis et le Canada qui ont aussi abandonné cette double civilité.
Bien sûr, cette question soulevée par Osez le féminisme n'est pas aussi capitale que sa lutte contre les violences faites aux femmes ou les écarts de salaires. L'association estime toutefois que ce détail de langage «reflète la réalité du monde» et que le langage est, parmi d’autres, un indicateur des inégalités entre les femmes et les hommes.

Si vous souhaitez la suppression de la civilité « Mademoiselle » dans les formulaires administratifs, cliquez sur la photo ci-dessous.

Capture d’écran 2011-09-27 à 14.24.47

À découvrir, le blog «viedemeuf.blogspot.com/», ouvert par Osez le féminisme, il met en lumière les inégalités femmes - hommes qui persistent toujours en 2011.

Par Corinne Sorin - Publié dans : Société
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:57

«Célibataire ascendant cougar»

Deshaies_Buffet_CS_JPR-1.jpgPhoto: Sylvain Deshaies

«Je flirte avec mes 40 ans. C'est d'ailleurs la seule chose avec laquelle je flirte!» Voilà c'est dit. Sur la scène du théâtre Le Temple, à Paris,  Elisabeth Buffet se raconte. Sans pudeur, tout en images, elle parle de ses déboires sentimentaux, de ses rencontres, de ses Noël en famille ou encore de sa séance d'épilation... Dans ce deuxième spectacle «Y a du nouveau sous le chignon!», elle fait le point, constate les «ravages» des ans, «avant, ma peau était tendre, mes fesses étaient au garde à vous et mes seins comme des surricates, aujourd'hui tout pendouille. Ma tronche a fait une descente d'organes. C'est à cause de la gravité terrestre. Faudrait que j'habite sur la Lune. Je me ferais bien chier mais au moins, je serais bonnasse!» Alors, face à la quarantaine, Elisabeth Buffet qui aimerait bien se taper de jeunes beaux hommes ou même d'un «bougre de noir», «C'est une envie saine, voire même du commerce équitable», essaye tant bien que mal de trouver un mec à son âge, «au moins un qui resterait après le lever du soleil». Et faute d'arriver à séduire le jeune Antoine de 25 ans, elle se contente de vieux messieurs, pas très frais, «j'adore les vieux, mais pas pour me mettre dedans, je ne suis pas un cercueil». Ou bien, elle joue avec son sex toy. «Ah que celui qui ne s'est jamais tripoté, me jette la première pile!»

Évidemment qu'elle parle beaucoup de cul dans son spectacle, mais contrairement à ce qu'a écrit Madame Figaro, elle n'est pas vulgaire. Elisabeth Buffet, malgré les thèmes abordés, n'est pas aussi crue que certains peuvent le prétendre. Elle est imagée. C'est la championne du monde des métaphores. «Ce sont des années d'entraînement», me dit-elle en entrevue. «J'utilise un langage fleuri, c'est un peu ma pâte. J'aime bien les mots, qu'il s'agisse d'argot ou de belle littérature. De plus, ça permet aux spectateurs d'avoir leurs propres images», confie Elisabeth Buffet.

Quelle autre humoriste parle, en effet, de «brouter le pré fleuri», de «refaire le crépi de la cave», de «défriser la moquette»? Quelle autre humoriste nous rappelle que l'anagramme du mot Couille, c'est Luciole? Il n'y en a qu'une, c'est elle. Et son spectacle est rempli de belles trouvailles comme celles-ci. Et que dire de sa sonnerie de téléphone portable? Une vraie inspiration que je vous laisserais découvrir par vous-même!

Deshaies_Buffet_CS_JPR-3.jpgPhoto: Sylvain Deshaies

Dès les premiers instants, Elisabeth Buffet embarque le public dans son univers, un public qui rit du début à la fin avec parfois des «oh!» d'étonnement, du style «elle a osé»! Il existe une vraie complicité entre l'humoriste et les spectateurs. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'à la fin de son show, avant le «Fuck you» de Lily Allen, elle leur déclare à la Barbara, «ma plus belle histoire d'amour c'est vous.»

Sous la direction artistique de la québécoise Josée Fortier, le spectacle a beaucoup de rythme, de dynamisme. «Il faut dire que Josée a le sens du show», affirme Elisabeth Buffet qui avoue avoir eu beaucoup de plaisir à travailler avec cette grande dame du show-business québécois. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce spectacle un excellent divertissement dont on se souviendra longtemps.

Deshaies Buffet CS JPR-6Photo: Sylvain Deshaies


 
Elisabeth Buffet est au théâtre Le Temple jusqu'au 2 janvier 2011, puis elle partira en tournée sur les routes de France. Et vous pouvez aussi retrouver Elisabeth Buffet et son «Buffet Show» tous les samedis et lundis à 8h30 dans «Comment ça vanne aujourd'hui» sur les ondes de  Rires et Chansons. «J'aime bien la radio. C'est une écriture différente. Je m'amuse beaucoup», dit-elle.

 


 

 

Par Corinne Sorin - Publié dans : Arts et spectacles
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:54

Ça roule pour les vélos taxis!

DeshaiesNYC-1.jpg Lors de mon dernier séjour à New York, j'ai demandé à ce conducteur de vélo taxi, combien me coûterait une course entre Times Square et la 72e, sans hésiter , il m'a répondu: 20 $US. Une course en «yellow cab» moins de 10 $US. (Photo: ©Sylvain Deshaies)

Rickshaws, cyclo-pousses, pedicabs, peu importe le nom qu’on leur donne, les vélos taxis envahissent les rues de  Manhattan depuis près de 15 ans maintenant. Et si autrefois, ils étaient plus particulièrement associés aux touristes, ils répondent aujourd’hui à un besoin de déplacement des New-Yorkais, surtout aux heures de pointe, quand tous les taxis sont pris.
Toujours pressés d’arriver quelque part, les New-Yorkais se tournent de plus en plus vers les vélos taxis. Plus chers que les 12 000 «yellow-cabs» en circulation, les prix des rickshaws varient entre 15 et 20 $US la course, il n’en demeure pas moins qu’ils sont donc très prisés et ce, pour plusieurs raisons.

Moitié moins de temps
Tout d’abord, ils sont perçus comme une alternative écologique à l’automobile, mais surtout l'avantage le plus important pour les New-Yorkais, c’est la vitesse. Aux heures de pointe, lorsque le trafic est dense, les vélos, plus agiles, peuvent créer leurs propres voies, glissant entre ou à côté des voitures, couvrant ainsi la distance en moins de la moitié du temps ordinaire.

En 2005, c’est un million de passagers qui a utilisé ce mode de transport. Toutefois, en 2007, le conseil municipal a voté de nouvelles réglementations visant à restreindre le nombre de conducteurs (ils étaient environ 500, aujourd’hui 325 licences de cyclo-pousse sont délivrées) et obligeant les conducteurs à avoir un permis de conduire, une formation ainsi qu’une assurance.

DeshaiesNYC-3.jpg(Photo: ©Sylvain Deshaies) 

Totalement indépendants
Les conducteurs sont indépendants. C’est-à-dire qu’une fois leur vélo taxi loué à une compagnie qui prend en charge l'entretien, le stationnement pendant la nuit et l'assurance, ils peuvent choisir leurs horaires, leurs lieux de travail ainsi que leurs tarifs. Certains conducteurs gagnent en moyenne 200 $US par jour, soit le salaire d’une semaine pour un employé de McDonald's !

Aujourd’hui les rickshaws circulant à New York sont sophistiqués. Ils possèdent 21 vitesses comme sur un VTT, sont pourvus de freins hydrauliques très efficaces ainsi que de suspensions pour que les voyageurs soient confortablement installés.

On les retrouve particulièrement dans le secteur de la 57th Street jusqu'à la 42e, de Broadway à Madison Avenue, Times Square, Rockfeller Center, la cathédrale Saint-Patrick et autour des gares Grand Central Station et Penn Station, puisqu’ils y emmènent bien souvent des gens d’affaires.


En dehors des heures de pointe, les vélos taxis, plus lents que les taxis, amusent les touristes qui découvrent Manhattan sous un autre angle et qui en profitent pour prendre des photos autrement…


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Bien que les conducteurs de vélos taxis soient libres de facturer ce qu'ils veulent, ils sont très utilisés par les New-Yorkais et les touristes qui y voient là plutôt une attraction. (Photo: ©Sylvain Deshaies)

 

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Par Corinne Sorin - Publié dans : Vie quotidienne
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:53

Le musée des Experts 

Évidemment lorsque l'on parle musées à Paris, tout le monde pense au Louvre, à Orsay, au musée Grévin ou encore au Grand Palais! Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire découvrir un musée peu connu, mais très original.

Allez, rejoignez-moi à l’hôtel de police du Ve arrondissement, au 4, rue de la Montagne Sainte-Geneviève.

Bienvenue au musée de la police!

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C'est au 3e étage du bâtiment que commence l’histoire de la police parisienne du XVIIe siècle à nos jours, ou plus précisément jusqu'à l'Occupation et la Libération de Paris. Cette visite permet de découvrir environ 2000 pièces, uniques, pour certaines. Ces objets et documents évoquent tous les événements auxquels la police a pris part, des souvenirs de l’histoire de Paris mais aussi de celle de la France.

À travers les différents espaces aménagés, par ordre chronologique, les grands crimes et enquêtes de l'époque, les gros scandales mais aussi ces histoires qui ont, particulièrement, marqué l'Histoire comme l'incendie du Bazar de la Charité  le célèbre et original «J'accuse» d'Émile Zola, l'assassinat de Jean Jaurès ou celui de Paul Doumer, ou encore les régicides ainsi que l'organisation de la police, font de ce musée une attraction très intéressante.

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De nombreux documents historiques (registres d'écrou, lettres de cachet signées du roi, pièces à conviction...) rendent ce musée incroyable. On trouve ainsi, sur la période révolutionnaire, les ordres d'arrestation de Beaumarchais, Lavoisier, Joséphine de Beauharnais, Charlotte Corday, Danton et Camille Desmoulins, mais également le Décret de la Convention nationale ordonnant la comparution du roi Louis XVI devant elle, le 11 décembre 1792.

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Quelques grandes affaires criminelles font aussi l'objet de présentations : l'Affaire des poisons, l'Affaire du collier de la reine, l'Affaire du courrier de Lyon, le procès de Landru, les attentats anarchistes, les affaires Casque d'Or et Steinheil, l'affaire de la bande à Bonnot, l'affaire Petiot...

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Des pièces à conviction de diverses affaires criminelles sont exposées ainsi que des uniformes, des cartes et insignes de la police. On apprend aussi que Nicolas Delamare est l'auteur du premier «Traité de la Police» en 1722, que le premier préfet de police n'était nul autre que le Comte Dubois (1800-1810), que Eugène-François Vidocq a bien existé. Il était le chef de la brigade de sûreté de 1812 à 1827 et en 1832, que l'inventeur de la police scientifique n'est pas Grissom ou Horacio Caine, mais bien Alphonse Bertillon, chef de l'identité judiciaire (1853-1914). Il a été le premier à créer un laboratoire de la police scientifique et technique, etc....

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P1010806.JPG(Photos: @Corinne Sorin)

Ce musée de la police, je vous l'assure, est une vraie mine d'or pour ceux qui s'intéressent à ce milieu, mais également pour tous les passionnés d'Histoire et d'histoires...

Dans un prochain article, je vous présenterai mes pièces ou dossiers coups de coeur... 

 

Par Corinne Sorin - Publié dans : Société
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:51

Une autre façon
de voir la politique!

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J'ai un coup de coeur aujourd'hui: la télésérie québécoise «Si la tendance se maintient», que TVA avait diffusée à l'automne 2001, mais qui, avouons-le, était, à l'époque, totalement passée dans le beurre. Et pourtant! Acide et sans détour, cette série satirique de cinq épisodes n'est pas si éloignée de la réalité...
Bien sûr, on est loin du télésérie «The West Wing» qui place ses personnages dans une Maison Blanche tourmentée, et où le drame prend toute la place, ou bien «Spin City» qui propose des épisodes où la comédie se mêle de politique, où les différentes intrigues se concentrent plutôt sur les relations amoureuses, le travail et les scandales.
«Si la tendance se maintient», signée Martin Forget, propose un autre regard sur la politique! Plutôt comique, il est vrai, mais y allant aussi de profondes vérités qui font réfléchir. et bien que l'action se déroule au Québec, cette histoire semble universelle.

Cçoté Gganon

Je vous raconte brièvement le sypnosis: Alain Gagnon (Michel Côté - photo) est sollicité par le parti au pouvoir pour se présenter comme candidat à une élection complémentaire ; il a le même nom que le candidat de l'opposition. À la surprise générale (et à la sienne en particulier !), il est élu. Nous suivons donc sa montée politique fulgurante, de simple député à premier ministre, alors que chacune de ses gaffes est interprétée par les médias et les électeurs comme un coup de génie.

Au coeur de l'action
Cette série me plaît, car  j'ai peut-être moi-même travaillé dans les hautes sphères politiques au Québec. Durant près de trois ans, j'ai été tour à tour pour une ministre, rédactrice, puis attachée politique et, parfois, attachée de presse. J'ai été au coeur d'une campagne électorale provinciale, à titre de responsable des communications de la candidate.

C'est pourquoi, je peux témoigner que c'est toujours très instructif de constater ce qui se passe dans les coulisses, comme dans la télésérie. Certes, dans «Si la tendance se maintient», le trait est grossier,  je peux vous affirmer tout de même que la réalité et la fiction ne font parfois qu'un. Par exemple, le discours que tient dans cette émission un député à propos des «backbenchers», ces élus «moins importants» qui siègent sur les bancs du fond, n'a rien de fictif. Ils sont là pour voter ou pousser des «bou» lorsque l'opposition prend la parole. C'est tout. Aucune chance qu'ils participent aux décisions gouvernementales. Aucune! Ils font banquette. Quant à la préparation des conférences de presse ou les rencontres avec les électeurs, là aussi, rien n'est laissé au hasard. Aucune place à l'improvisation. Tout est minutieusement orchestré afin d'éviter les dérapages et contrôler l'image de la personnalité politique. 

Des «doreurs d'images»
Parce qu'en réalité, ceux qui font la vraie politique sont ces «spin doctors». Ils sont là pour amener les gens à interpréter les faits à leur manière. Il s’agit en fait de conseillers en communication, de conseillers de presse, de spécialistes en communication, de stratèges de la (ou  en) communication, de chargés de relations publiques, responsables de l’image d’un parti politique ou d’un candidat. Ils peuvent être vus également comme des éminences grises, comme dans le film de Barry Levinson, «Des hommes d'influence» (Wag the Dog),  mettant en vedette Robert De Niro et Dustin Hoffman.

Dans «Si la tendance se maintient», ce rôle revient à deux excellents acteurs, Jacques Godin et Emmanuel Bilodeau, deux fins connaisseurs du système électoral, imbattables en communication et forts en lobbying. «Ils coûtent chers, mais ils rapportent!»

En France, on peut prendre l'exemple de Nicolas Sarkozy, qui a bénéficié de l'habileté de plusieurs « doreurs d'images », notamment Thierry Saussez ou encore Henri Guaino, ou de François Mitterrand avec Jacques Séguéla (La force tranquille) et Jacques Attali.
axelrod.jpgLa campagne présidentielle américaine de 2008, la plus chère de l'Histoire, a mis en vedette de nouveaux «spin doctors» comme David Axelrod, le conseiller de Barack Obama.

Ces spécialistes passent leur journée à vendre des plans pour agir sur l’opinion. Ce sont des marchands de symboles efficaces, d’images fascinantes et de slogans irréfutables.

Bref, vous l'avez compris, un «spin doctor» est un chef d'orchestre qui sait diriger tous les instruments à sa disposition  dont les publicités télévisées, les campagnes négatives pour décrédibiliser l'équipe adverse, y compris par des arguments sous la ceinture, la chasse aux stars et aux people qui soutiendront le candidat, ou encore l'art de lancer des «buzz», sur Internet...

En toute modestie et à grands coups de rire, la télésérie québécoise réussit donc à nous faire découvrir toutes les facettes du monde politique et même «de toute cette bêtise qui entoure la politique», comme le mentionnait Michel Côté, alias Alain Gagnon, à l'occasion du lancement du DVD. « À la première lecture du texte, je me souviens avoir trouvé certains passages un peu exagérés. Je trouvais que l’élastique était un peu étiré mais, quand je me suis mis à regarder attentivement ce qui se passait en politique, j’ai finalement trouvé que ce n’était pas si excessif que ça», concluait-il.

Corinne Sorin

Par Corinne Sorin - Publié dans : Politique
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:50

«Paris» réussi pour Rachid Badouri

Deshaies-Badouri 1Cliquer ici pour visiter la galerie de photos de : Sylvain Deshaies

Alors que le théâtre Bobino à Paris n'ouvre à nouveau ses portes que dans une dizaine de jours, le public était convié hier soir à une soirée exceptionnelle, le showcase de Rachid Badouri, cet humoriste québécois qui, comme disent les Français, «déchire» dans la Belle Province. «C'est un peu leur Gad Elmaleh», a dit  Gérard Louvin, un des grands producteurs français et président de Juste pour rire-France, en le présentant.

Encouragé par Anthony Kavannagh, Gad Elmaleh, Stéphane Rousseau et Franck Dubosc dans un petit clip vidéo, c'est gonflé à bloc que Rachid Badouri est monté sur la scène du mythique music-hall. Et en quelques instants, il a réussi à conquérir ce public français, à la réputation difficile.

Il s'est un peu moqué de l'accent pour commencer, comme tous les humoristes québécois font, mais c'est surtout par ses propos et son aisance sur scène qu'il a conquis Paris... et ses quelques journalistes présents. Car l'artiste viendra s'installer  65 soirs au théâtre Trévise  dàs le 6 janvier, là où Anthony Kavannagh a lui-même débuté en France, il y a un peu plus de dix ans. Il fallait donc que l'artiste leur soit présenté.

Une bête de scène

Deshaies-Badouri-5.jpgPhoto: Sylvain Deshaies

Rachid Badouri m'a expliqué que son spectacle de 2h30 qu'il joue au Québec a, ici, été ramemé à une heure environ. «Il ne s'agit pas d'un extrait du show mais bien d'un montage.» Quant aux numéros musicaux, ils seront intacts. «Ils n'ont pas du tout été racourcis», a-t-il précisé.

Les Français découvriront ainsi une partie de son enfance lorsqu'il était le seul «brun» à l'école et qu'il avait pour camarades un noir et un roux «à nous trois, on représentait l'évolution de la rouille!». Rachid proposera également sa période Fresh, Gino Boy, ses différents boulots dont celui de stewart, son voyage au Maroc, qui a fait crouler de rire les spectateurs de Bobino, sa passion pour Mickael Jackson et pour le cinéma avec un final très hollywoodien!

La machine de Juste pour Rire ne s'est pas trompée, ni même enraillée en invitant Rachid Badouri à faire ses premiers pas en France. Le spectacle est maîtrisé, il est une bête de scène comme les Français aiment. Ses imitations, ses mimiques, sa gestuelle, ses chorégraphies, «tout est parfait et en plus, il est sympathique», comme me le confiait Josefa, une spectatrice, tombée sous le charme de l'humoriste. «Il a pris à corps la salle, c'est incroyable», de dire  Luce Rozon, sœur de Gilbert et productrice de Juste pour rire.

Il est vrai que non seulement il est drôle, mais il a aussi des références qu'ils connaissent tous, Eddie Murphy, Rocky. Toutefois, ce qui a plu hier soir et qui plaira sans aucun doute dès janvier, c'est son côté attendrissant lorsqu'il parle de son père ou de sa mère.

«Je n'en reviens pas», m'a-t-il avoué entre deux bises, deux signatures d'autographes et quelques photos. «Les blagues sont restées les mêmes qu’au Québec, quelques traductions ont bien évidemment été nécessaires comme «kiffer» pour «tripper», «épicier» pour «dépanneur», mais c’est plus l’approche avec le public que j'ai travaillée avec Arnaud Gidoin , humoriste français plutôt reconnu dans l’Hexagone.»
«Je suis vraiment content», a conclu un Rachid Badouri, les yeux pétillants de bonheur.

Deshaies-Badouri-3.jpgDeshaies-Badouri-2.jpg

Photos: Sylvain Deshaies

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Photo: Sylvain Deshaies

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Photo: Sylvain Deshaies


Corinne Sorin


Par Corinne Sorin - Publié dans : Arts et spectacles
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:49

Entre tradition et modernité

E-MACIAS_40-60_Tournee-2011-2.jpgRencontre avec  Enrico Macias à quelques jours de sa nouvelle tournée à travers toute la France, avant d'investir la salle de l’Olympia à Paris les 24, 25, 26 et 27 mars 2011. Pour l'interprète d'«Enfants de tous pays», cette tournée lui permet de présenter son nouvel album «Voyage d'une mélodie».

«Grâce à ce nouvel album, j'invite les gens à un voyage dans toute la tradition juive laïque, explique Enrico Macias. Je chante des chansons en berbère, en arabe, en ladino, en hébreu et en yiddish et rend ainsi hommage à toute cette culture, entre tradition et modernité.» En vente le 7 mars prochain, on trouvera également un titre original «Les Sépharades». «J’ai composé la musique et Eliette Abécassis en a écrit les paroles», poursuit-il. Un duo avec Daniel Lévi, «Shalom aleichem», figure également sur l’album, avec une nouvelle musique et une orchestration réalisée par son fils, Jean-Claude Ghrenassia.

Enrico Macias qui aime dire qu'il est un chanteur de groupe est accompagné de ses musiciens habituels. «À mes côtés, il y a une formation très équilibrée de sept musiciens : basse, accordéon, percussion, batterie, guitares, violon. Parmi eux, Amar Mohali aux percussions, Abdenour Djemai et Bruno Bongarçon aux guitares, Thierry Roques à l’accordéon…», confie le chanteur qui interprète aussi des chansons de plus de 30 ans. «Impossible de les retirer de mon répertoire, dit-il. Car vous savez, sans ces premières chansons, les nouvelles n’existeraient pas. Je crois que je fais un mélange savant pour contenter tout le monde

50 ans de carrière

Entré dans nos foyers très tôt, Enrico Macias chante depuis 50 ans, il possède cette grande qualité d’être accessible à tous et, du coup, d’être un chanteur populaire, au sens noble du terme, c’est-à-dire qu’il plaît à tous. Artiste emblématique avec son accent chaleureux et profond, il avoue qu'il est content de voir qu'aujourd'hui, les jeunes commencent à le découvrir. «Ça a pris du temps, reconnaît-il. Mais aujourd’hui, ils ne me boudent plus. Alors que les jeunes de l’époque, quand j’ai débuté, ne comprenaient pas mon discours, j’étais en porte-à-faux.» Chanteur de charme mais aussi, chanteur à messages, peut-être que ses textes invitent plus à la réflexion qu'autrefois.

«Chanteur, c'est un métier où il faut prendre des risques. C’est-à-dire, par exemple, accepter de se renouveler… Et le charme est de se renouveler tout en restant le même», prétend Enrico Macias qui croit, par ailleurs, que la musique est une porte éternellement ouverte à la creation. «Il n’y a pas de barrière, pas de frontière… J’aime dire que la musique c’est comme un océan. On n’a d’ailleurs jamais fini de développer son style. Moi-même, vous savez, je suis l’héritier d’une civilisation vieille de plusieurs millénaires!», fait-il remarquer.

«Tous unis»

Enrico-Macias2.jpgÀ la question, vous considérez-vous comme un chantre de la paix, ainsi que le représentant de la musique judéo-arabe-andalouse? Enrico Macias répond sans hésitation «Bien sûr». «Il s’agit de toutes les facettes que je représente. Et dans mon dernier album, je flirte même avec la civilisation Yiddish», affirme-t-il. «J’aimerais qu’on soit tous unis», souhaite Enrico Macias qui, à 72 ans, continue à s'investir dans des causes humanitaires. «Pour moi, c'est un réconfort, un confort supplémentaire. » Rappelons qu'en 1980, l'ONU lui a décerné le titre de «chanteur de la paix». En 1997, le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, l'a nommé ambassadeur itinérant pour promouvoir la paix et la défense de l’enfance. Son engagement auprès de l’UNICEF est indéfectible, d’ailleurs il lui a abandonné ses droits sur la chanson «Malheur à qui blesse un enfant». «Je me fous des titres et des médailles. Je me souviens même que lorsque Kofi Annan m’a nommé Ambassadeur, il m’a dit que ce titre était un pléonasme pour celui qui avait chanté «Enfants de tous pays», mais le fait d'être soutenu par un gros poids comme l’ONU, ça m'aide dans mon engagement».

Retard sur la fraternité

Grâce à une carrière internationale, Enrico Macias est chez lui dans le monde entier. Malheureusement, sa popularité s’arrête encore aujourd’hui aux frontières des pays arabes. Même s'il avoue être un peu amer et trouver que «c’est frustrant pour le peuple qui n’a rien à voir avec toutes ces histoires», il n'en demeure pas moins optimiste. «C’est un retard sur la fraternité, mais ça va s'arranger un jour.»

Quant à son plus beau souvenir, il n'hésite pas un instant: «Sans aucun doute, ma rencontre avec le président égyptien Anouar El-Sadate en 1978», révèle-t-il et certainement le concert qui a suivi cette rencontre au pied des pyramides égyptiennes devant 20 000 spectateurs arabes.

Retour au cinéma

Alors qu'on avait vu Enrico Macias dans «La vérité si je mens 2», on le reverra dans le rôle de Maurice Boutboul, en octobre 2012, dans «La vérité si je mens 3», mais son rôle sera, dit-il, plus étoffé. «Et je joue aussi dans le film d’Éric Lavaine, «Bienvenue à bord» avec Franck Dubosc, Valérie Lemercier et Gérard Darmon, dont la sortie est prévue en octobre», se réjouit-il.

En attendant de le revoir sur grand écran, Enrico Macias sillonne donc les routes de France et participera aussi à l'émission «Vivement Dimanche» de Michel Drucker, le 6 mars prochain sur France 2.


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Par Corinne Sorin - Publié dans : Arts et spectacles
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:48

Le Louvre des voitures

 ©Deshaies MNA Gallery-18Cliquer pour visiter la galerie de photos de Sylvain Deshaies ici

Alpha Roméo, Bugatti, Ferrari, Panhard, Bentley, Maserati, Porsche, Lotus, Rolls Royce… Bienvenue au plus grand  musée de l’Automobile du monde, à Mulhouse en France. Avec près de 500 voitures et une centaine de marques exposées sur 25 000 m2, soit 3,5 km d’allée, cette collection permet de découvrir les étapes décisives de l'histoire de l'automobile de 1878 à aujourd'hui.

Des premiers prototypes, pionniers de l'invention de l'automobile dont la Panhard-Levassor, la première voiture de « série » au monde puisque produite en six exemplaires dès 1891, aux toutes dernières innovations, comme la Bugatti Veyron, la Cité de l'automobile de Mulhouse propose aux passionnés comme aux néophytes un rendez-vous inoubliable. ©Deshaies MNA Gallery-35

Il est vrai que dès son arrivée, le visiteur pénètre dans le musée en empruntant une passerelle qui mène à l'atrium, assez original puisque y sont suspendues des dizaines de sculptures de voitures, un plongeon immédiat dans cette ambiance particulière.

Puis, il entre dans un bâtiment sur les murs duquel sont projetés des images et des extraits de films dans lesquels l’artiste est, bien entendu, la voiture. Et avant de pénétrer dans l’antre du musée, un superbe amuse-gueule attend le public, soit une collection inédite de bouchons de radiateur qui ornaient autrefois les voitures. Appelés aussi mascottes, certains de ces bouchons sont signés Hermès ou Cartier !


La voiture de Charlie Chaplin
Enfin, on arrive dans la grande salle d’exposition. Et là qu’on aime ou qu’on n’aime pas les voitures, on ne peut rester indifférent face à ces centaines d’engins qui ont tous, un jour ou l’autre, marqué l’histoire. La visite s’organise de façon thématique.

Les salles de l’espace Chefs d’œuvre sont dédiées aux plus luxueuses automobiles des années 1930, dont les magnifiques Bugatti Royales de 1936 construites par Ettore et Jean Bugatti.

cDeshaies_MNA_Gallery-17.jpgCes voitures de grand prestige (X26 de Panhard-Levassor, coach Delahaye type 135 de 1949, Rolls Royce Silver Ghost de 1924 ayant appartenu à Charlie Chaplin, modèle 8A de la firme milanaise Isotta-Fraschini) trouvent une place privilégiée dans ce musée, tandis que le quartier central confère une place de choix aux célébrissimes Bugatti Royales dont la Bugatti Royale Type 41, coupé Napoléon 1930 ayant appartenu à Ettore Bugatti. Celle-ci s'avère être le prototype de série datant de 1926 comme l'atteste son numéro de châssis. Une autre exposition, présentée dans une atmosphère feutrée (lumière tamisée, fauteuils...) est consacrée aux moteurs de prestiges, Benz et Bugatti.

La plus belle ligne de départ au monde !

cDeshaies_MNA_Gallery-59-copie-1.jpgPhotos: Sylvain Deshaies  

L’espace Course, quant à lui, s’intéresse à l’évolution des voitures de course depuis le début du XXe siècle, de la Sergollet à vapeur de 1902 à la Prost Grand Prix d’Olivier Panis de 1997. La collection présente des modèles sportifs exceptionnels tels qu’une Panhard-Levassor Biplace course (1908), une Mercedes W125 (1937), une Maserati 250F (1957) ou encore une Lotus type 33 (1963). Avec son aérodynamisme révolutionnaire, la fameuse Bugatti type 32 de 1923, conçue par le créateur, est la seule rescapée du circuit de Tours. Elle possède encore son moteur d'origine. Bien alignées de part et d'autre de l'allée centrale, elles offrent un bref aperçu de la plus belle ligne de départ du monde.

©Deshaies MNA Gallery-38L’espace Aventure, enfin, retrace l’histoire de l’automobile de 1878 à nos jours, de l’hippomobile à la voiture d’aujourd’hui. Les véhicules sont exposés dans une ancienne filature du XIXe siècle, éclairée par 800 lampadaires identiques à ceux du pont Alexandre III à Paris. Sous les thèmes les inventeurs, les pionniers, les industriels, les carrossiers, le visiteur contemple ainsi des centaines d’exemplaires uniques en leur genre.


Idéal pour les enfants

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Tout au long de la visite, le musée a mis en place des équipements multimédias et interactifs pour animer ses collections. Il est ainsi possible de démarrer une vieille voiture à la manivelle, de tester les simulateurs de tonneaux, de visionner des films, etc. Les enfants ne sont pas non plus laissés pour contre puisque, non seulement, un espace est mis à leur disposition avec une piste de kart, des ateliers de réparation équipés de plus de 50 accessoires pour jouer aux apprentis garagistes, des tables de dessin, des dessins animés, mais aussi le musée leur propose une chasse aux énigmes qui les entraîne à travers les allées à la recherche d’indices dissimulés et à la découverte de l’histoire des voitures.

cDeshaies_MNA_Gallery-74.jpgEt puis, les enfants ont aussi leur exposition «Le monde de Max et Léa», soit la  Collection Jammet réunissant 101 voitures d’enfants datant de 1880 à nos jours et représentant les plus grandes marques d'automobiles et leurs modèles mythiques. Elle aussi représente la plus importante collection de voitures d'enfants au monde.
 

La naissance de la collection


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Photos: Sylvain Deshaies

 L'initiative de la collection de voitures de la Cité de l’automobile de Mulhouse revient à deux industriels du textile alsaciens du XXe siècle, les frères Schlumpf, Hans (1904-1989) et Fritz (1906-1992).
Passionnés et obsédés par leur collection, ils ont investi secrètement au moment de leur splendeur toute leur fortune et plus, dans les années 1970, pour acheter aux quatre coins du monde, des voitures prestigieuses et rares des débuts de l'automobile, qu'ils faisaient entièrement restaurer et qu'ils entreposaient dans leur filature de Mulhouse.

cDeshaies_MNA_Gallery-41.jpg«Pour réunir cette collection de plus de 600 voitures à l’époque, les frères Schlumpf avaient des rabatteurs, raconte Sophie Mehl, responsable des salles d’exposition. C’est comme ça qu’un jour Fritz s’est rendu aux États-Unis et a acheté pour 85 000 dollars, somme ridicule au fond, un lot d’une trentaine de Bugatti dans lequel une seule l’intéressait. Aujourd’hui, cette Bugatti est estimée à des millions d’Euros.» Une fois achetées, ces automobiles étaient donc restaurées sur place à Mulhouse, dans le plus grand des secrets. «L’atelier de restauration était complet. Les Schlumpf avaient engagé une trentaine d’ouvriers, des selliers, des carrossiers et des mécaniciens bien sûr», poursuit-elle.

La faillite
En 1977, Fritz Schlumpf est à deux doigts d'ouvrir son musée au public. Les billets, les cadeaux souvenirs sont déjà en place. Mais les deux frères sombrent dans la faillite suite à la crise du pétrole et du textile de 1976 et à des dépenses beaucoup trop considérables pour leur passion. 
Le 7 mars 1977, les ouvriers licenciés économiques de l'empire textile des frères Schlumpf découvrent le stupéfiant musée secret en même temps que le monde entier par les médias, l’envahissent et en ouvrent l'accès au public.  

cDeshaies_MNA_Gallery-43.jpgLes syndicalistes organisent les visites gratuites du musée et le nomment « Musée des travailleurs ».
«Les gens de la région ont littéralement été choqués de voir toute cette richesse alors que beaucoup n’avaient plus rien après avoir perdu leur emploi. Des familles entières ont été touchées par la crise du textile ici. Les Alsaciens étaient amers, certains le sont encore aujourd’hui», explique Sophie Mehl.

 

Sauver ce patrimoine exceptionnel
En raison de la faillite des deux industriels, la collection est menacée d'une mise en vente, afin de combler les déficits du groupe. La  société Panhard, les instances régionales et l'Automobile Club de France font tout pour sauver cet exceptionnel patrimoine national et le maintenir en Alsace. Une longue procédure judiciaire commence, les frères Schlumpf sont condamnés mais ils se réfugient à Bâle en Suisse, leur ville natale, pour éviter la prison. En 1978, le Conseil d'État classe la collection monument historique puis la vend pour 44 millions de francs en 1981 à l'Association du Musée National de l'Automobile qui acquiert collections, terrains et bâtiments.
 Ouverte au public depuis 1982, la Cité de l'automobile a été  rénovée en 2006. 

«On m’a volé mon musée !»

fritz Photo: Cité de l'Automobile de Mulhouse

 «En classant cette collection Monument historique, la famille Schlumpf a été prise au piège car la vente de seulement deux de leurs voitures auraient permis de payer leur dette à l’État français», fait remarquer la responsable des salles d’exposition.
D’ailleurs, Fritz Schlumpf reverra une dernière fois sa collection le 4 septembre 1990. Ce jour-là, cloué dans un fauteuil roulant par la maladie de Parkinson, l’octogénaire affaibli répond pourtant d’une voix ferme aux micros qui se tendent vers lui : «C’est mon musée. On m’a volé mon musée. Le plus beau musée du monde !»

Corinne Sorin

 

 


Par Corinne Sorin - Publié dans : Société
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:47

Cotignac, un village de caractère

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J'adore voyager! J'adore découvrir de nouveaux petits coins de pays que ce soit ici ou ailleurs. J'adore me laisser surprendre par la générosité de la nature, par le patrimoine matériel et immatériel, ainsi que par la gentillesse des gens rencontrés au hasard de mes périples. Cet été, à  Cotignac, petit village du Sud de la France, situé dans le Var, j'ai été comblée

À première vue pourtant, Cotignac apparaît comme tant d'autres bourgs: une grande place rectangulaire typiquement provencale ornée de fontaines, sous une large voûte de platanes, des cafés et des boutiques avec, toutefois, la particularité d'avoir gardé leurs anciennes façades.

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Mais Cotignac, c'est plus que cela, même si ça ne saute pas tout de suite aux yeux. En fait, il faut errer dans les rues adjacentes pour découvrir des vestiges comme ce vieux moulin à huile datant du XIXe siècle, et surtout pour se laisser suprendre et tomber sous le charme de son célèbre Rocher.

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Large de 400 mètres avec 80 mètres de haut, dominé par deux tours dites «sarrasines» ou «de gué», ce rocher représente une fantastique toile de fond. Il est vrai que le devant du Rocher où pendent des stalactites, criblé d'anfractuosités de cavernes, où les hommes ont vécu en troglodytes, forme un décor surprenant. Encore plus surprenant, le rôle que joue le soleil car en déplaçant les ombres, il change constamment l'aspect du Rocher et fait ressortir ses gigantesques stalactites, ses corniches et ses cavernes.

D'ailleurs, pendant un certain moment, on ne réalise pas tout à fait la somptuosité de ce paysage. De plus, j'avoue qu'on se sent tout petit petit face à cette imposante masse, sculptée il y a 80 000 ans, par les eaux de la rivière La Cassole, qui passait en cascade.

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«Les premiers habitants étaient installés sur le plateau. Mais à l’époque des grandes invasions, le village, effrayé, est descendu se mettre à l’abri, au pied du rocher, barrière naturelle infranchissable. C’est ainsi qu’à partir du XIe siècle, un deuxième village s’est installé», raconte la sympathique Sandrine, la responsable de la visite de la grotte, qui ajoute que ces grottes ont connu divers usages qui ont évolué au cours des siècles (cachettes lors des pillages, loges à bétail, loges à foin, carrière, hospice, moulin à farine, etc…).

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Ce qui est génial, c'est que nous pouvons visiter ces habitations troglodytes. Attention, il faut toutefois être bien chaussés, car le parcours pour y monter est plutôt ardu, instable et étroit. Et là, une fois, dans l'antre d'une des grottes, on peut observer ce qu'il reste encore des vestiges des travaux effectués par l’Homme afin d’aménager ces espaces : creusement du tuf, chaux sur les murs pour éviter l’humidité, construction de terrasses, de foyers, de potagers, d’escaliers…On y trouve aussi les anciens pigeonniers où, à plusieurs époques de l'Histoire, les pigeons permirent aux habitants de communiquer avec l'extérieur.

Et, là, on se dit que malgré les siècles, les éboulements destructifs, les glissements de terrain, ces ruines, transformées aujourd'hui en théâtre de verdure, sont toujours là. C'est tout simplement incroyable!

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(Photos: @Corinne Sorin et @Marylène Théry)


 

Par Corinne Sorin - Publié dans : Tourisme
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 11:45

Journaliste, c'est la classe!

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Il est vrai que j'ai laissé un peu de côté mon blogue ces derniers jours, parce qu'en fait, j'en construisais un autre: celui de la classe de CM1 de madame Savry, à l'école Olivier Paulat (Champs-sur-Marne).

Cette aventure a commencé au mois de janvier dernier lorsque nous avons décidé de créer un journal à l'occasion de la Semaine nationale de la Presse et des Médias. Pendant plusieurs semaines, Jean-Philippe Savry, journaliste, et moi-même, avons rencontré les élèves afin de travailler auprès d'eux.

Ce sont toutefois les 29 élèves qui ont choisi le nom du journal, les sujets, écrit et posé les questions aux interviewés, pris des photos avec l'aide de Sylvain Deshaies, photographe professionnel, inventé les rébus, blagues et autres et fait les dessins.

Ça a été pour moi une expérience hyper enrichissante que je vous invite à découvrir via le site:

http://cm1nfo.over-blog.com/

 

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Par Corinne Sorin - Publié dans : Média
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